09.05.2008

Dernières recherches en obésité

Le taux d'adipocytes fixé à 16-18 ans

Des chercheurs suédois montrent que le nombre d'adipocytes s'établit durant l'adolescence, pour ne plus changer à l'âge adulte, même après une perte de poids majeure. Ils estiment leur taux de renouvellement annuel à 10 %, de quoi procurer une cible d'intervention éventuelle dans l'obésité.

Le renouvellement des adipocytes est constant au cours de la vie adulte(BSIP), les facteurs déterminant la masse adipeuse chez l'adulte ne sont pas bien compris. On pensait jusqu'ici que le stockage accru des lipides dans les cellules adipeuses représentait le facteur le plus important. Lorsqu'on grossit, les adipocytes se remplissent de graisses et augmentent en volume. Une équipe internationale, dirigée par le Dr Kirsty Spalding et les Prs Jonas Frisén et Peter Arner de l'Institut Karolinska de Stockholm (Suède), a montré que le nombre des adipocytes est également un déterminant majeur de la masse graisseuse chez l'adulte.

Cependant, en testant des centaines d'enfants, d'adolescents et d'adultes, les chercheurs ont constaté que, tandis que le nombre de cellules adipeuses augmente durant l'enfance, ce taux reste constant durant la vie adulte, aussi bien chez les sujets minces que ceux qui sont obèses. Même dans des circonstances extrêmes, lorsque deux ans après une chirurgie bariatrique des sujets obèses ont considérablement maigri, leur nombre (élevé) de cellules adipeuses n'a pas baissé.

L'équipe a étudié également le remplacement des adipocytes durant la vie adulte. On ne sait pas bien, en effet, si l'adulte peut générer de nouvelles cellules adipeuses in vivo. Pour répondre à cette question, l'équipe a fait appel à une méthode récemment développée pour dater les cellules humaines. Elle exploite un effet causé par les essais nucléaires menés à l'air libre pendant les années de guerre froide, entre 1955 et 1963. Ces tests ont augmenté la quantité de carbone 14 dans l'atmosphère. L'isotope C14 s'est incorporé dans les plantes, puis chez les animaux mangeant ces plantes, et par ces voies dans l'ADN humain. Après l'interdiction de ces tests, les taux atmosphériques de C14 ont commencé à diminuer. Puisque l'ADN est stable après l'arrêt de la division cellulaire, le taux de C14 d'une cellule reflète le taux atmosphérique au moment de la naissance.

L'étude montre que tous les individus nés avant 1955 (n = 10), entre 0 et 22 ans avant, ont des taux de C14 adipocytaires bien plus élevés que les taux atmosphériques de C14 antérieurs aux tests nucléaires. Ceci indique que leurs adipocytes ont été générés après 1955, durant l'adolescence et la jeune vie adulte. Chez les individus nés après les tests nucléaires (n = 25), les taux de C14 adipocytaires correspondent de manière surprenante aux taux atmosphériques contemporains de C14, une preuve du renouvellement constant des adipocytes chez les adultes.

Les chercheurs ont estimé qu'environ 10 % (exactement 8,4 %) des cellules adipeuses sont renouvelées chaque année, quels que soient l'âge et l'indice de masse corporelle. La moitié des adipocytes sont remplacés tous les 8 ans et demi. La mort des adipocytes est compensée par la production de nouvelles cellules, qui est deux fois plus élevée chez les sujets obèses que chez les minces.

"Le nombre total des adipocytes reste stable au fil du temps, car la production de nouvelles cellules adipeuses est contrebalancée par une dégradation aussi rapide des cellules adipeuses existantes, par mort cellulaire", souligne dans un communiqué le Pr Arner. "Ces résultats pourraient, au moins en partie, expliquer pourquoi il est si difficile de maintenir une baisse de poids. Les nouvelles cellules adipeuses générées pendant et après la diminution pondérale ont besoin de se remplir rapidement de graisses."

Le renouvellement des cellules adipeuses, ainsi établi, pourrait offrir une nouvelle cible au traitement de l'obésité, en inhibant, par exemple, la formation des nouvelles cellules adipeuses.

Les adultes obèses le sont déjà dans l'enfance. L'équipe a également constaté que les adipocytes commençaient à se développer plus tôt (vers l'âge de 2 ans) chez les obèses que chez ceux de poids normal (vers 5-6 ans). L'augmentation du nombre de cellules est deux fois plus rapide pour ceux qui sont en surpoids, mais le mécanisme s'interrompt également plus tôt, vers 16,5 ans chez eux, contre 18,5 ans chez les autres. De quoi conforter les données statistiques qui suggèrent que la majorité des adultes obèses le sont déjà dans l'enfance. Dans la population de l'étude, seulement 10 % des enfants de poids normal sont devenus obèses, contre plus de 75 % de ceux qui sont en surcharge pondérale. "Plusieurs groupes étudient des composés qui pourraient réguler la formation des adipocytes, mais cette recherche est encore trop balbutiante pour savoir si de tels agents seront testés chez les patients, et dans combien de temps", conclut le Dr Spalding.

Dr VERONIQUE NGUYEN

« Nature », 4 mai 2008, Spalding et al., DOI : 10.1038/nature 06902.

Le Quotidien du Médecin du : 07/05/2008

http://www.quotimed.com/journal/index.cfm?fuseaction=view...

     

06.05.2008

Elles sont partout

L'histoire du jour du Quotidien du Médecin du 5/05/2008

Se laver les mains, c'est indispensable. Même les médecins ne le font pas assez, à en croire différentes études sur les infections nosocomiales. De là à se faire peur, dans la vie quotidienne, avec les millions de microbes avec lesquels nous sommes en contact...

Il y a quelques semaines, les magazines féminins et les médias audiovisuels se sont délectés de résultats de tests microbiologiques réalisés aux États-Unis sur des sacs à main, montrant la présence de bactéries en nombre. Ce qui n'a rien d'étonnant, a rappelé le Dr Gwenaëlle Roussey sur le site hoaxbuster.com (qui étudie les rumeurs et canulars du Net) : «Dès lors que nous ne vivons pas en milieu stérile, il y a forcément des bactéries sur tout ce qui nous entoure, sacs à main compris.»

Cela ne décourage pas les traqueurs de bactéries. Un autre nid vient d'être débusqué par le magazine britannique « Which ? Computing » : le clavier d'ordinateur. Le microbiologiste chargé de se pencher sur 33 claviers sortis d'un bureau londonien typique en a trouvé quatre à risque pour la santé (Escherichiacoli et/ou Staphylococcus aureus), dont un cinq fois plus sale qu'un siège de toilette examiné en même temps, avec des proportions de certaines bactéries dépassant 150 fois les normes et imposant sa mise hors d'état de nuire. Selon l'enquête du magazine, une personne sur dix avoue ne jamais nettoyer son clavier et 46 % le nettoient moins d'une fois par mois, sans compter les 20 % qui négligent leur souris. Entre la phobie des microbes et la saleté, il y a sûrement un juste milieu.

http://www.quotimed.com/index.cfm

La rubrique de Hoaxbuster sur les sacs à main

Sac à main

Type : Mise en garde - Statut : Du vrai, du faux Du vrai, du faux

En circulation depuis : Mai 2006

MISE EN GARDE - Bactéries portables

Une étude sur les sacs à main féminins a eu des résultats dépassant l'imagination : à côté du rouge à lèvres, les pires bactéries se développent... Le sac à main est l'accessoire incontournable de la femme moderne. Elle l'emmène partout, il ne doit jamais quitter sa partenaire et doit impérativement refléter l'état d'esprit de celle qui le porte. En gros c'est, dis-moi quel sac à main tu as et je te dirais qui tu es.

Seulement voilà, au-dessous des apparences, l'outil fashion par excellence pourrait s'avérer être un ignoble compagnon, bien plus trash qu'une Amy Winehouse en goguette.

Des laitues en sachet aux jacuzzis, la chaîne américaine KUTV s'est fait une spécialité de la traque aux bactéries auxquelles les consommateurs s'exposent sans le savoir. Le public, évidemment intéressé par ces enquêtes, en redemande, c'est pourquoi après un intense brainstorming d'au moins 2 minutes les journalistes ont pensé à étudier... les sacs à mains. Au printemps 2006, Shauna Lake, reporter de KUTV a commandé à Nelson Labs des kits de tests et fait des prélèvements sur une cinquantaine de sacs à mains de personnes volontaires, croisées dans les rues de Salt Lake City. Amy Karen, microbiologiste au Nelson Labs a analysé les prises.

Le reportage qui suivit fut accablant : c'est indéniable, les sacs à mains sont de véritables bombes remplies de bactéries. Or, bien des femmes posant leurs sacs sur la table de la cuisine, une transmission par contact des bactéries jusqu'aux aliments serait possible lors de leur préparation. Conclusion sans appel, un sac à main peut rendre indirectement sa propriétaire ou sa famille très, très malade.

 Fort de ses résultats, les scientifiques du Nelson Labs conseillent de désinfecter régulièrement les sacs à mains et, surtout, de ne pas les poser sur les surfaces où nous ne poserions pas nos chaussures. Diffusée le 21 mai 2006, l'enquête inédite de cette télévision locale a fait le tour du monde via la toile. Kathy Wilets, productrice de KUTV, s'en amuse : "Nous réalisons que l'histoire circule... (...) Je pense que la raison principale de l'intérêt du public pour cette histoire vient de ce que la plupart des femmes transportent un sac à main, et de ce qu'il est courant de les poser au sol, puis sur les tables, bureaux et comptoirs de cuisine. L'énorme quantité de germes trouvés et leur dangerosité est certainement ce qui a le plus marqué les gens."

Mais pourquoi le sac à main est-il plus dangereux que le clavier, la poignée de porte des toilettes ou encore notre cher téléphone portable ? "Chez une personne avec une bonne hygiène, le sac à main est généralement [l'accessoire le] plus contaminé." explique Beau Rollins, de Nelson Labs. "Typiquement, les téléphones contiennent plutôt des germes issus de la peau comme les staphylocoques ou les coccidies. Les portes des toilettes sont également riches en bactéries parce qu'elles ne sont pas nettoyées..."  C’est leurs matières qui rendent les sacs à mains si sensibles aux bactéries. Les germes vivent plus longtemps sur un sac s’il est en tissu que s’il est en vinyle ou en cuir. Par ailleurs, les sacs à mains ont ces résultats car ils se retrouvent dans de nombreux lieux et environnements."

Mais qu'en est-il des quantités impressionnantes de bactéries dont parle le reportage ? La chaîne de télévision a autorisé le Nelson Labs à nous communiquer les résultats des analyses (sans que nous ne puissions toutefois les publier). Et oh surprise : dans le document en question, pas un seul résultat positif sur aucun des tests bactériologiques menés. Pour mieux comprendre, nous posons naïvement la question au labo...  "KUTV n'a pas payé pour des identifications chiffrées." explique Beau Nelson. Donc, "tout ce qui est confirmé est la présence de bactéries sur les sacs à mains étudiés. Et quand il y a bactéries fécales, il y a possibilité de Salmonelle et e-coli. (...) nous pouvons juste confirmer que des ferments de staphylocoques étaient présents." Ce que confirme Amy karen elle-même : "le test lui même a cherché des indicateurs de bactérie. (...) Nous avons vu des développements de bactéries, mais pas ceux que le test cherchait spécifiquement."

Pour en avoir le cœur net, nous avons montré les différentes analyses à Gwénaëlle Roussey, médecin spécialiste au CHU de Nantes. Sa réponse confirme nos doutes. "La présence de bactéries n'a rien de surprenant. Dès lors que nous ne vivons pas en milieu stérile, il y a forcément des bactéries sur tout ce qui nous entoure, sacs à main compris". Sans données chiffrées, rien ne prouve que mon sac est plus dangereux pour moi que mon roquefort ou mon ipod (qui traine partout lui aussi et va jusque dans mes oreilles) ! La seule vraie solution aurait été de payer pour que le laboratoire pratique une étude plus poussée, ce qui n'a hélas pas été fait... En attendant, j'ai tout de même trouvé un très bon argument pour n’acheter plus que des sacs à mains en cuir (à ce jour, je ne suis pas fan du vinyle), de préférence bien siglés !

Article par Cécile - Hoaxteam

Sources : Carrying Filth, a 2 news investigation, reportage de MKUTV diffusé le 11/05/07

Nelson Laboratories, Inc

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