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23.06.2007
Une épice plus que salvatrice!
Originaire d'Amérique du Sud et des Caraïbes, le piment fort est cultivé depuis longtemps sous tous les climats tropicaux. Il est aussi produit sous certains climats tempérés, notamment au Québec, où l’on cultive diverses variétés annuelles. Les Aztèques donnaient au Cayenne le nom de chili. Les indigènes de l'Amérique équatoriale, d'où la plante est issue, connaissent les vertus culinaires et médicinales de ses fruits depuis au moins 9 000 ans. Les archéologues croient qu'on le cultivait déjà au Mexique il y a environ 7 000 ans. C'est le docteur Diego Alvarez Chanca, compagnon de Christophe Colomb, qui fit connaître la plante aux Européens, à la suite d'un célèbre voyage d'exploration devant aboutir aux Indes, mais qui se termina dans les Caraïbes. Du continent européen, les fruits migrèrent rapidement vers toutes les régions équatoriales du globe et furent adoptés par de nombreuses cultures aussi bien en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique, que dans le Sud de l'Europe, notamment en Italie méridionale. En fait, on connaît peu d'épices qui soient aussi universellement répandues.
Le piment de Cayenne jouit, dans toutes ces cultures, d'une réputation enviable quant à ses vertus digestives et thérapeutiques, et les humains qui vivent sous les tropiques ont rapidement compris qu'il permettait à l'organisme de mieux supporter la chaleur intense qui sévit sous ces latitudes. Parmi les usages thérapeutiques qu'on lui attribuait dans ces diverses traditions, la médecine moderne a surtout retenu les effets analgésiques de la capsaïcine, la substance qui procure au piment de Cayenne sa saveur piquante si caractéristique. Cependant, il semble que les vertus du cayenne soient plus variées et nombreuses que les usages topiques actuellement reconnus en Occident.
Indications : Soulage la douleur causée par l'arthrite rhumatoïde, l'arthrose et la neuropathie (notamment la neuropathie diabétique). Soulage les douleurs musculaires aux épaules, aux bras et à la colonne vertébrale.
Soulage les douleurs lombaires et les symptômes du psoriasis.
Réduit les nausées postchirurgicales (en Médecine traditionnelle chinoise), soulager les douleurs névralgiques et les démangeaisons cutanées.
Contribue au contrôle du poids. Stimuler la digestion et améliorer la circulation périphérique.
En médecine classique, notamment en Europe, on utilise la capsaïcine, l’un des ingrédients actifs du Cayenne, sous forme d’instillations locales pour traiter certains troubles urinaires, comme la cystite interstitielle ou la vessie hyperactive.
L'effet du Cayenne tient en grande partie à la sensation de brûlure que cause son composé actif, la capsaïcine. Il est donc nécessaire, pour obtenir un effet thérapeutique valable par le biais de l'alimentation, de consommer des plats très épicés. Ceux qui n'apprécient pas ce type de cuisine peuvent le prendre sous forme de capsule de poudre, de teintures ou d’oléorésine. De cette façon, l'effet ne se manifeste pas dans la bouche, mais uniquement dans l'estomac et les intestins, ce qui est utile pour la dyspepsie, mais pas nécessairement pour les maux de tête ou de dents.
Dyspepsie : Prendre de 500 mg à 1 g de poudre de Cayenne (en capsules), trois fois par jour, avant les repas, soit l’équivalent de 22 mg à 45 mg de capsaïcine par jour. Comme solution de rechange, on recommande d'épicer copieusement ses repas au piment fort.Mal de tête, mal de dent : Les maux de dents et certains types de maux de tête d'origine névralgique peuvent être soulagés à la suite de l'absorption de mets abondamment épicés au piment fort ou par l’application topique de capsaïcine.
Arthrite rhumatoïde, arthrose, neuropathie, douleurs musculaires, psoriasis:
Appliquer sur les parties atteintes, jusqu'à quatre fois par jour, une crème, une lotion ou un onguent renfermant de 0,025 % à 0,075 % de capsaïcine. Il faut souvent compter jusqu’à 14 jours de traitement avant que l'effet thérapeutique se fasse pleinement sentir.
On trouve également, dans les boutiques chinoises, des emplâtres au capsicum qu'on applique sur les articulations ou les muscles douloureux. Il arrive que la première application cause une vive sensation de douleur qui s'estompe par la suite. Interrompre les applications si cette sensation persiste après deux traitements ou si des rougeurs apparaissent.
Ne pas appliquer près des yeux ou des muqueuses, sur une peau fendillée ou en cas d'inflammation cutanée.
Bien se laver les mains après usage. Comme la substance irritante est peu soluble dans l'eau, du savon ou un peu de vinaigre sont nécessaires pour nettoyer la peau. Le lait est encore plus efficace, car la capsaïcine se fixe à la protéine du lait et est donc ainsi éliminée plus rapidement.
Recherches: Arthrite rhumatoïde, arthrose et neuropathie. La Food and Drug Administration américaine (FDA) a approuvé l'usage de crèmes, de lotions et d’onguents à base de capsaïcine pour soulager la douleur causée par l'arthrite rhumatoïde, l'arthrose et la neuropathie.
La Commission Européenne reconnaît l'usage externe du cayenne pour soulager les douleurs musculaires aux épaules, aux bras et à la colonne vertébrale, tant pour les enfants d'âge scolaire que pour les adultes. Étant donné l'incontournable sensation de brûlure que cause la capsaïcine, il n'est pas toujours certain que l'insu des essais cliniques menés avec de tels produits soit totalement respecté. Cela dit, il existe une multitude d'études démontrant l'efficacité de la capsaïcine, notamment pour soulager les douleurs neuropathiques. Nous n'en citerons ici que quelques-unes.
Neuropathie. La neuropathie est le nom générique donné aux affections qui touchent les nerfs et qui peuvent être passablement douloureuses, quelle qu'en soit la cause. Les applications topiques de produits à base de cayenne permettent de soulager ce type de douleur. On a découvert que la capsaïcine stimulait localement la production de la substance P, un neurotransmetteur chargé de déclencher la douleur lorsque l'organisme subit une blessure. Sans être dommageable, la capsaïcine a pour effet de leurrer l'organisme en épuisant momentanément ses réserves de substance P et, par la suite, d'agir comme un analgésique léger. Les premières applications de capsaïcine causent une sensation de brûlure qui fait rapidement place à une insensibilisation locale.
En 2000, au cours d'un essai comparatif à double insu avec placebo mené auprès de 200 sujets souffrant de neuropathie chronique, on a observé que la capsaïcine (0,025 %) était aussi efficace que la doxépine (3,3 %), un analgésique topique fréquemment prescrit aux cancéreux. La combinaison doxépine-capsaïcine a procuré un soulagement similaire, mais plus rapide que les deux substances appliquées seules. Cet essai s'est révélé d'autant plus intéressant que la doxépine procure, tout comme la capsaïcine, une sensation de brûlure, ce qui donne une plus grande objectivité à l'expérience du fait que l'insu est respectée.
Les résultats de nombreuses études démontrent l'efficacité des applications topiques de capsaïcine pour le soulagement des douleurs causées par la neuropathie diabétique. Les auteurs d'une synthèse publiée en 2001 et qui portait sur les divers traitements de la neuropathie diabétique ont conclu que le traitement topique avec une crème à base de piment de Cayenne constituait un choix intéressant, car comparativement aux médicaments classiques, il provoque peu d'effets indésirables. On a également démontré que les applications de crème à la capsaïcine pouvaient soulager la neuropathie consécutive aux interventions chirurgicales chez les personnes souffrant d'un cancer, notamment dans les cas de mastectomie.
Notez toutefois que, selon les auteurs d’une méta-analyse publiée en 2004 (six essais à double insu, 656 sujets en tout), la capsaïcine en application externe n’a qu’une efficacité faible à modérée sur la douleur causée par la neuropathie11. Ces chercheurs soulignent cependant qu’elle peut être utile comme adjuvant ou comme seul traitement pour les personnes qui ne répondent pas ou qui sont intolérantes aux autres traitements. Personnellement, j'utilise un mélange d'une cuillère à café de curcuma en poudre et une demi-cuillère café de poivre du moulin; le mélange est mieux réalisé en rajoutant une cuillère à café de dolomite. (SEP)
Douleurs arthritiques. Au cours d'un essai clinique à double insu avec placebo mené auprès de sept sujets souffrant d'arthrite rhumatoïde et de 14 souffrant d'arthrose, on a constaté qu'une crème à base de capsaïcine (0,075 %) avait été efficace pour soulager la douleur causée par l'arthrose seulement12. Le très petit nombre de sujets atteints d'arthrite rhumatoïde explique peut-être pourquoi les résultats n'ont pas été concluants pour cette affection. D'ailleurs, un essai similaire portant sur 31 sujets souffrant d'arthrite rhumatoïde et sur 70 souffrant d'arthrose a démontré l'efficacité de la capsaïcine dans les deux cas.
Douleurs lombaires. Au cours d'un essai clinique à double insu avec placebo d’une durée de trois semaines mené auprès de 154 sujets, un emplâtre à la capsaïcine s'est révélé efficace pour soulager des douleurs lombaires non spécifiques chroniques14. Des résultats similaires ont été obtenus ultérieurement au cours d’une étude menée par la même équipe de recherche, cette fois-ci auprès de 320 sujets. Notez toutefois que, selon les auteurs d’une méta-analyse publiée en 2004 (trois essais à double insu, 368 sujets en tout), la capsaïcine en application externe n’a qu’une efficacité faible à modérée sur les douleurs musculosquelettiques. Ces chercheurs soulignent cependant qu’elle peut être utile comme adjuvant ou comme seul traitement pour les personnes qui ne répondent pas ou qui sont intolérantes aux autres traitements.
Psoriasis. Les résultats d'un essai clinique à double insu avec placebo mené auprès de 197 sujets ont démontré l'efficacité des applications d'une crème à base de capsaïcine (0,025 %) pour soulager les démangeaisons causées par le psoriasis. Deux essais antérieurs effectués auprès de 40 et 46 sujets souffrant de psoriasis avaient donné des résultats similaires.
Nausée postchirurgicale. Dans le cadre d'un essai à double insu avec placebo portant sur 160 femmes devant subir une hystérectomie, l'application d'un emplâtre de Capsicum sur les points K-D2 (acupuncture coréenne), ou Pericardium (P6, acupuncture chinoise) a permis de prévenir ou de diminuer les nausées consécutives à cette intervention chirurgicale. Les emplâtres avaient été installés juste avant l'anesthésie et retirés huit heures après l'intervention. L'assistance d'un acupuncteur qualifié est requise pour appliquer ce traitement.
Névralgies. Des résultats d'études cliniques indiquent que la capsaïcine peut soulager les douleurs causées par la névralgie post-zona. Les auteurs de synthèses récentes portant sur les traitements possibles de cette affection rangent les crèmes à la capsaïcine parmi les quelques traitements pouvant apporter un soulagement significatif.
Au cours d'un essai clinique mené en 1993, des chercheurs de Boston ont démontré que la vaporisation nasale de capsaïcine pouvait soulager l'algie vasculaire de la face (céphalée de Horton, cluster headache). Une récente mise à jour des traitements de la douleur orofaciale (visage, bouche et dents) indique que l’application topique de capsaïcine peut être très utile en cas de mal de dent, notamment.
Démangeaisons cutanées. Des chercheurs ont constaté qu'une crème à base de capsaïcine (de 0,025 % à 0,3 %) avait eu des effets positifs au cours d'une étude d'observation de 33 cas de prurigo nodulaire de Hyde. Au cours d’un essai croisé à double insu avec placebo portant sur 44 sujets souffrant de prurit anal résistant aux traitements habituels, un onguent à base de capsaïcine (0,006 %) a donné de très bons résultats pour soulager les démangeaisons associées à cette irritation cutanée.
Contrôle du poids. Des essais préliminaires indiquent que le piment fort a un effet bénéfique sur le métabolisme des matières grasses, sur la dépense énergétique au repos et sur le contrôle de l’appétit. Une étude à double insu avec placebo publiée en 2003 a porté sur 91 sujets faisant de l’embonpoint et ayant perdu de 5 % à 10 % de leur poids après un régime très faible en calories d’une durée de quatre semaines. Bien qu’elle ait influé positivement sur le métabolisme des matières grasses, la prise quotidienne de 135 mg de capsaïcine durant trois mois n’a pas été plus efficace qu’un placebo pour limiter la reprise de poids des sujets.
Digestion. Les résultats d'une étude à double insu menée auprès de 30 sujets souffrant de dyspepsie indiquent que la poudre de Cayenne sous forme de capsules et ingérée à raison de 2,5 g par jour était supérieure à un placebo28, ce qui va dans le sens de son usage traditionnel pour stimuler la digestion. Bien que la capsaïcine provoque une vive sensation de brûlure, des études ont révélé qu'elle ne causait aucune lésion de l'appareil digestif. Au contraire, il semble même qu'elle protège la paroi gastrique contre les dommages causés par les anti-inflammatoires non stéroïdiens tels que l'Aspirine®30 et qu'elle pourrait avoir un effet protecteur contre les ulcères gastroduodénaux. Bien que des essais in vitro et sur des animaux aient permis de supposer que le cayenne pouvait combattre la bactérie Helicobacter pylori, responsable de nombreux cas d'ulcères gastriques, les résultats d'un essai préliminaire mené sur 12 sujets humains ont contredit cette hypothèse.
Syndrome de la bouche brûlante. Les personnes atteintes souffrent de sensations de brûlure et de démangeaisons à la bouche. Comme ces symptômes suggèrent une neuropathie, des chercheurs ont testé l’efficacité de la capsaïcine (0,25 %) au cours d’un essai à double insu avec placebo portant sur 50 patients atteints de ce syndrome36. Bien que la capsaïcine se soit révélée plus efficace que le placebo pour réduire la douleur des patients, elle a également provoqué des douleurs gastriques chez 32 % d’entre eux.
Prévention du cancer. Bien que des essais in vitro et in vivo aient démontré que le cayenne pouvait apporter une certaine protection contre le cancer, il n'est pas possible, dans l'état actuel des recherches, de savoir si ces effets se produisent dans l'organisme humain37-39. Par ailleurs, quelques données épidémiologiques démontrent une incidence accrue de certains cancers gastriques (estomac, vésicule biliaire) chez les personnes qui consomment beaucoup de piment de Cayenne.
Attention
Pour ceux qui veulent introduire le cayenne dans leurs plats: éviter d'inhaler la poudre, car cela risque de provoquer une bronchoconstriction. Il est important de se laver soigneusement les mains après avoir manipulé des piments forts ou un produit qui en renferme. Le contact du cayenne avec les muqueuses, particulièrement celle des yeux, cause une vive sensation de brûlure. Les graines des fruits sont particulièrement riches en capsaïcine, la substance active responsable de cette sensation. Quelques données épidémiologiques démontrent une incidence accrue de certains cancers des organes digestifs (estomac, vésicule biliaire) chez les personnes qui consomment beaucoup de piment de Cayenne.
Contre-indications: Personnes allergiques aux piments ou atteintes d'une des affections suivantes: syndrome de l’intestin irritable chronique, ulcère actif, tuberculose ou hémorroïdes. Effets indésirables: les effets indésirables sont généralement limités à la sensation de brûlure initiale caractéristique à la capsaïcine, sensation qui ne cause aucune lésion réelle. Les personnes allergiques peuvent toutefois avoir des réactions cutanées importantes. Si c'est le cas, il faut interrompre le traitement. L’utilisation d’un onguent contenant 0,075 % de capsaïcine peut provoquer une toux.
Interactions: théoriquement, les effets du cayenne pourraient s'ajouter à ceux des plantes ou suppléments dont l'action est anticoagulante. Le cayenne pourrait augmenter l'absorption de la théophylline, un médicament prescrit aux asthmatiques. Le cayenne peut faire augmenter la toux chez les personnes prenant des inhibiteurs de l’enzyme de conversion des l’angiotensine (IECA). Théoriquement, les effets du cayenne pourraient s'ajouter à ceux des médicaments de synthèse dont l'action est anticoagulante. Bien qu'aucun cas n'ait été rapporté, certaines sources mentionnent une interaction théorique possible entre le cayenne avec les IMAO et les médicaments antihypertenseurs.
07:15 Publié dans Epices et fines herbes, NUTRITION SANTE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femme, blabla de fille, vive la vie, journal intime, blogs, de tout et de rien, santé



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