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16.08.2008
Quand l'apétit va, tout va...
Manger du chat, c'est mal?...
Tant que l'animal est bien traité, durant sa vie comme lors de sa mise à mort, je n'ai aucun jugement moral.
Et si on avalait une brochette de canaris ou de poissons rouges, la population serait-elle horrifiée?
Autrefois, dans les foires françaises, il existait des concours de celui qui dévorait le plus de poissons rouges - vivants, il est vrai... C'est aujourd'hui prohibé. Le lien affectif est moins fort qu'avec les mammifères: un canari ne saute pas sur vos genoux pour se faire caresser. Mais celui qui passerait son poisson rouge à la poêle susciterait quand même un tollé.
Tout dépend donc de l'affectif?
Plus l'animal est proche de nous, moins on le mange. Dans le temps, dans les campagnes françaises, la tradition voulait qu'on se fâche avec son cochon avant de le tuer. Comme pour casser cette proximité. L'affectif est un moteur puissant des tabous alimentaires que l'on s'impose soi-même.
Et le cheval, ce n'est pas un animal domestique?
L'affectif est par définition largement irrationnel. D'autant que les citadins ne connaissent plus les animaux de la ferme. Et leur attribuent des qualités plus ou moins fantaisistes. Le cheval est vu comme «beau», «intelligent», «noble». On hésite avant de cuisiner «la plus belle conquête de l'homme». Par contre la vache, ça va. C'est pourtant sympa, une vache. Et tout aussi respectable.
Il est aussi illogique de manger des escargots mais pas de limaces.
Pas du tout. La limace a une peau très dure. Cuite, elle ressemble a du caoutchouc coriace. C'est épouvantable.
Mais nous ne savons pas qu'elle est coriace: elle nous dégoûte, c'est tout!
Nos ancêtres le savaient. Et par diffusion, inconsciemment, l'information est venue jusqu'à nous. Combien de parents, aux prises avec un jeune enfant tripotant une limace dans un parc, lancent: «Pas touche, c'est caca.»
Bon, mais, au fond, à quoi servent les tabous alimentaires?
Il en existe de traditionnels, culturels, religieux, comme l'interdiction du porc dans l'islam. Ou le tabou du serpent dans la chrétienté - c'est le Mal, qui expulse Adam et Eve du paradis originel. Mais tous les interdits alimentaires, historiquement, ont la même fonction: protéger notre santé.
Alors on pourrait manger sa belle-mère, non?
Non. En Papouasie, les cannibales avaient, semble-t-il, de sérieux problèmes sanitaires et des maladies proches de celle transmise par la vache folle. Ce n'est pas une «viande» saine, tout comme le singe, vecteur de maladies. On suspecte d'ailleurs que le sida aurait été transmis à l'homme de cette manière: en ingérant du singe.
Quel rapport avec la poussée du végétarisme?
Mais la viande cristallise les problèmes sanitaires! Nous sommes au bout d'une logique agroalimentaire qui, depuis cinquante ans, nous a fait connaître: la vache folle, la listeria, la tremblante du mouton, la fièvre porcine, la maladie de la langue bleue ou la grippe aviaire. Et cette liste n'est pas exhaustive. Résultat: il y a toujours plus de végétariens. Pas par philosophie, par crainte.
Alors si on se passe de viande, c'est par principe de précaution?
Oui, par peur, par prudence, pour se protéger. Elle est suspecte. Mais les informations scientifiques constamment lâchées dans les médias n'aident pas. Lundi, le vin rouge est bon pour le cœur. Le lendemain néfaste pour le foie. Le jour d'après, il ne faut pas dépasser trois verres par jour. Puis il faudrait en avaler 10 000 litres pour que ce soit bénéfique. Chacun se dépatouille avec tout ça et tous les comportements existent. Mais, pour revenir à la viande, la tendance, même désordonnée, est au végétarisme.
Bref, on va tous finir végétariens.
Ce n'est pas demain la veille. Par une sorte de mécanisme de défense, on protège ce que l'on aime en se tenant sous-informé. J'ai vu un reportage sur l'élevage des saumons en mer du Nord, gavés de farines et d'antibiotiques. Etait-il fiable, représentatif? En tout cas je ne mange plus de saumon. Par contre je ne veux pas savoir trop précisément ce qu'il se passe entre un bœuf et le steak dans mon assiette. J'aime trop le steak.
Sinon, il nous reste les insectes...
Au dernier Paléo Festival, un stand vendait des insectes et des vers: ç'a bien marché. L'OMS et l'ONU nous recommandent d'ailleurs de diversifier notre nourriture et de nous intéresser à ces sources de protéines.
Il faudra du temps pour qu'on avale ça!
Pas tellement. C'est accepté philosophiquement et ç'a un sens tant économiquement qu'écologiquement. La plus grande partie du chemin est déjà faite.
http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/pourquoi-tous-ces-ve...
10:25 Publié dans DIVERSES INFOS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femme, vive la vie, blabla de fille, blog, santé, nutrition




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