06.04.2009

La santé du cerveau

La neurotransmission est le mécanisme par lequel les informations voyagent dans le cerveau, filant à toute allure d’une cellule nerveuse à une autre, sautant à travers les synapses qui les séparent ou les relient. Des molécules, appelées neurotransmetteurs, interviennent dans ce processus. L’acétylcholine est l’une des plus importantes d’entre elles. Elle est essentielle à la fonction cognitive, à l’apprentissage comme à la mémorisation. Elle est responsable du stockage des informations dans la mémoire et du souvenir, et joue un rôle important pour la mémoire à court terme. La dégénérescence du système cholinergique est une des caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Elle implique la diminution de l’enzyme de synthèse de ce neurotransmetteur, la choline acétyltransférase, dans certaines régions du cerveau. Il est maintenant clair que les perturbations de la mémoire que l’on rencontre dans la maladie d’Alzheimer tout comme d’autres troubles de la cognition sont liées à une diminution du fonctionnement de l’acétylcholine.

 

Trois approches permettent d’accroître la neurotransmission par l’acétylcholine :

- la stimulation de la production de l’acétylcholine. C’est l’approche la plus directe bien qu’elle ne soit pas nécessairement la meilleure. L’idée est de stimuler la synthèse de l’acétylcholine dans le cerveau en utilisant des précurseurs chimiques, des composants qui, en réagissant avec certaines molécules dans l’organisme, vont conduire à davantage de molécules d’acétylcholine.

- la protection de l’acétylcholine existante. C’est l’approche la plus largement utilisée en pratique médicale parce qu’elle semble aussi être la plus efficace. À tout moment, les molécules d’acétylcholine du cerveau sont soumises à un mécanisme naturel de régulation dans lequel elles sont attaquées et détruites par une enzyme appelée acétylcholinestérase. Les composants qui diminuent cette dernière sont appelés inhibiteurs de la cholinestérase et sont les principaux agents utilisés dans le traitement de la maladie d’Alzheimer.

- la sensibilisation des récepteurs nicotiniques. Les neurones, les cellules nerveuses du cerveau, sont équipées de différentes sortes de sites récepteurs moléculaires pour que les molécules d’acétylcholine puissent sauter à travers les synapses. Les récepteurs nicotiniques sont parmi les plus importants et les sensibiliser pour les rendre plus réceptifs à l’acétylcholine renforce l’efficacité de la neurotransmission. La perte progressive de ces récepteurs conduit à l’apparition des signes distinctifs de la maladie d’Alzheimer.

 

L’alpha glycérylphosphorylcholine (GPC), un précurseur de l’acétylcholine

Les nutriments le plus souvent utilisés pour stimuler la mémoire sont des précurseurs de l’acétylcholine. Les plus courants sont les différentes formes de choline et de lécithine.

L’alpha glycérylphosphorylcholine (GPC), une forme de choline, est un nutriment très intéressant récemment développé pour stimuler la cognition. La GPC est une source de phospholipides et de choline utilisés dans le cerveau pour la biosynthèse de la phosphatidylcholine et de l’acétylcholine. La GPC a tous les effets bénéfiques de la choline mais elle augmente beaucoup plus efficacement la production d’acétylcholine et de phosphatidylcholine.

L’acétylcholine, on l’a vu, est vitale pour la communication entre les neurones

et deux études italiennes de supplémentation avec de la GPC indiquent une augmentation du fonctionnement du cerveau directement liée à un apport sain en acétylcholine. Dans ces deux essais contrôlés, des doses quotidiennes de 1 200 mg de GPC ont amélioré le souvenir immédiat et l’attention dans un groupe de jeunes adultes mâles (âgés de 19 à 38 ans) par comparaison avec un placebo. Chez des sujets âgés ou d’âge moyen, une supplémentation avec de la GPC améliore les temps de réaction en soutenant la production d’énergie et la coordination électrique dans le cerveau.

Dans des études portant sur des patients âgés avec une démence vasculaire, 1 200 mg quotidiens de GPC aident à améliorer la cognition aussi bien que l’état émotionnel, la confusion ou l’apathie. Des chercheurs de Mexico ont conclu que la GPC améliore significativement les fonctions cognitives de patients ayant des troubles cognitifs légers à modérés. Les sujets, âgés de 60 à 80 ans souffraient tous d’un déclin de leurs fonctions cognitives avant d’entrer dans l’étude. Ils ont reçu de façon aléatoire, quotidiennement pendant six mois, 1 200 mg de GPC ou un placebo. À la fin des six mois de traitement, les fonctions cognitives des sujets sous placebo s’étaient encore affaiblies alors que celles des patients prenant de la GPC s’étaient améliorées.

Une vaste revue a été publiée sur les multiples effets de la GPC. L’analyse a couvert 13 essais cliniques ayant examiné un total de 4 054 patients avec différentes formes de problèmes cérébraux incluant des dysfonctionnements cognitifs débutant à l’âge adulte, la maladie d’Alzheimer ou des accidents cérébro-vasculaires. L’ensemble des résultats étaient cohérents et montraient une amélioration clinique de l’état des patients. Les chercheurs ont précisé que les effets de la GPC étaient supérieurs à ceux obtenus sous placebo particulièrement lorsque l’on considérait les désordres cognitifs liés aux pertes de mémoire ou à un déficit d’attention. Ils ont également noté que les bénéfices thérapeutiques de la GPC étaient supérieurs à ceux obtenus avec d’autres précurseurs de l’acétylcholine comme la choline ou la lécithine. Les données indiquaient également que la GPC facilitait le rétablissement fonctionnel de patients ayant souffert d’un accident cérébro-vasculaire.

 

Inhiber l’acétylcholinestérase et sensibiliser les récepteurs nicotiniques

Un grand nombre de composants naturels est capable de stimuler la neurotransmission par l’acétylcholine. La galantamine, extraite de bulbes de fleurs comme les jonquilles ou les perce-neige, est l’un d’entre eux. Elle a été découverte dans les années 50. De nombreuses études scientifiques démontrant ses activités ont été publiées dans la littérature internationale au cours de ces dernières années.

 

La galantamine est un inhibiteur de l’acétylcholinestérase mais également un puissant sensibilisateur des récepteurs nicotiniques. Elle opère indirectement sur les récepteurs nicotiniques. Cette classe de récepteurs spécialisés de l’acétylcholine est activée par la nicotine (connue pour stimuler les fonctions cognitives et psychomotrices ainsi que le flux sanguin cérébral) et par différentes autres substances. À cause de son chemin indirect, la galantamine n’entraîne généralement pas les conséquences négatives provoquées par les médicaments affectant directement les récepteurs nicotiniques. À la différence d’autres inhibiteurs de l’acétylcholestérase comme le médicament physostigmine et le neurotransmetteur sérotonine, la galantamine ne désensibilise pas les récepteurs nicotiniques pas plus qu’elle ne les submerge de trop d’activités.

 

Une méta-analyse confirme le rôle de la galantamine comme traitement efficace de la maladie d’Alzheimer. Les auteurs ont passé en revue des journaux médicaux et des monographies, des données provenant d’essais cliniques et de thèses et ont rassemblé toute l’information disponible concernant le rôle de la galantamine dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. Sur trente études examinées, sept ont été retenues pour leurs critères élevés de qualité scientifique. Les résultats combinés de ces sept études, toutes impliquant des patients atteints de maladie d’Alzheimer à un stade léger à modéré, ont permis aux auteurs de conclure : “Cette revue montre des effets positifs consistants de la galantamine. Dans des essais d’une durée de 3, 5 ou 6 mois ... des éléments démontrent l’efficacité de la galantamine sur l’évaluation globale, les tests cognitifs, la réalisation des activités de la vie quotidienne et le comportement. La magnitude de son effet sur la cognition est similaire à celle d’autres inhibiteurs de la cholinestérase. En d’autres mots, en terme de fonction cognitive (mémoire et apprentissage), la galantamine agit aussi bien que des médicaments synthétiques”.

 

La galantamine augmente mémoire et induit un type d’activité cognitive indistincte de celle induite par l’acétylcholine. Alors que la galantamine n’élève pas autant que d’autres inhibiteurs de l’acétylcholinestérase la disponibilité de l’acétylcholine au niveau des synapses (la jonction à travers laquelle passe l’impulsion nerveuse), elle augmente son efficacité. Aux laboratoires de mémoire et de vieillissement de l’université de Californie, des chercheurs ont montré que des rats âgés traités avec de la galantamine subissaient d’importants changements comportementaux. Ce sont, en fait, des résultats que l’on a obtenus dans de vastes études randomisées en double aveugle et contrôlées contre placebo avec la galantamine. Lorsqu’on administre cette substance à des personnes âgées avec une maladie d’Alzheimer diagnostiquée ou d’autres formes de démence, on obtient une amélioration significative des paramètres comportementaux et des activités de la vie quotidienne.

 

Différant de certains inhibiteurs de l’acétylcholinestérase, la galantamine aide à restaurer une bonne neurochimie dans le cerveau en élevant le nombre des récepteurs nicotiniques. L’étude de comportement a été la première démonstration significative de la stimulation cholinergique, durant juste quelques jours, de la plasticité synaptique, une mesure de la capacité des cellules neuronales à s’accommoder à de nouvelles données.

 

La galantamine apporte un profond changement dans le fonctionnement de la mémoire à long terme qui est significativement reliée à l’augmentation des liaisons des récepteurs nicotiniques. Plus grandes sont les liaisons, plus longue est la mémoire. Ces éléments suggèrent que la galantamine peut non seulement être utile pour des sujets ayant une démence liée au vieillissement mais pourrait également avoir des effets neurophysiologiques et générer des changements comportementaux bénéfiques.

 

Ecrire un commentaire