27.10.2009

On y est

Grippe A/H1N1: les services d'urgences pédiatriques de Paris saturés

il y a 3 heures 50 min

 

 JeanMarie Godard

           

Les urgences pédiatriques des hôpitaux de Paris et de sa proche banlieue sont saturées par les consultations liées à la grippe, dans des proportions nettement plus importantes que lors des précédentes années à la même époque, a-t-on appris mardi de sources médicales. Et dans la majorité des cas pour lesquels des prélèvements ont été effectués, la présence du virus A/H1N1 est confirmée. Lire la suite l'article

 

Les cas sont dans leur grande majorité bénins. Mais dans ce contexte, le président de l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF) Patrick Pelloux dénonce le "manque de moyens des urgences", et met en garde contre une "crise sanitaire".

 

A la direction de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) on recensait pour la journée de lundi 296 consultations dans les hôpitaux, dont 202 enfants, reconnaissant mardi qu'il s'agissait de chiffres "très élevés".

 

A l'hôpital Necker à Paris, le Pr Gérard Cheron, chef du service réanimation urgences anesthésie, faisait état mardi d'une hausse de 76% des consultations pour les enfants de 1 à 15 ans, par rapport à la moyenne des quatre années précédentes à la même époque, dans les cinq établissements pédiatriques de l'AP-HP de la capitale et de la petite couronne.

 

"L'explication, c'est des syndromes grippaux et on prélève dans plus de 95% des cas une grippe H1N1", a-t-il précisé à l'Associated Press. "On s'y attendait, on s'y était préparé notamment avec l'expérience de ce qu'il s'est passé dans l'hémisphère Sud, mais on ne savait pas à quelle date ça allait nous tomber dessus".

 

"Faire face, c'est notre mission mais c'est extrêmement difficile. On a doublé les équipes de garde, mais c'est faire travailler deux fois plus les mêmes personnes. Nous le faisons avec le soutien de nos directions pour faire en sorte que les gens soient rémunérés comme ils doivent l'être et avoir des lieux pour aller se reposer", a-t-il précisé.

 

"Ces grippes sont, dans leur grande majorité, bénignes et ces personnes devraient se trouver dans les cabinets de médecine libérale", a-t-il déploré, "notre mission étant d'accueillir et de prendre en charge les cas sévères".

 

Et pour Patrick Pelloux, médecin urgentiste au SAMU de Paris, "la grippe même bénigne a bien débuté. Depuis le week-end dernier, il y a une explosion de fréquentation des services d'urgences pédiatriques en Ile-de-France. Et traditionnellement, on sait que lorsque les services d'urgences pédiatriques explosent comme ça, dans 15 jours, ce seront les adultes qui seront touchés".

 

"C'est beaucoup plus précoce et beaucoup plus prenant que les autres années. Il n'y a pas un lit supplémentaire d'ouvert. Le week-end dernier, il n'y avait plus un lit disponible en réanimation", a-t-il ajouté, dénonçant un "véritable scandale". "Si rien n'est fait, c'est une crise sanitaire qui commence. On n'est pas prêt juste parce qu'on a des vaccins et qu'on dit aux gens de porter des masques et de se laver les mains".

 

Au SAMU de Paris, la direction confirmait mardi "une activité virale très soutenue par rapport aux années précédentes", concernant particulièrement "les enfants d'âge intermédiaire, c'est-à-dire 8 à 12 ans". AP

Ecrire un commentaire